Philosophe, amateur de la sagesse, c’est-à-dire de la vérité.

Voltaire – Dictionnaire philosophique

Lovers of Wisdom. What began in wonder has ended in pedantry.

« George Santayana remarked in one of his books that there is no good reason for a philosopher to make his living teaching in a university. »

« George Santayana a remarqué dans un de ses livres qu’il n’y a pas de bonnes raisons pour un philosophe de gagner sa vie en enseignant à l’université. »

http://www.weeklystandard.com/lovers-of-wisdom/article/2004865#!

Justin E. H. Smith – The Philosopher: A History in Six Types

…ces intellectuels s’opposent explicitement, parfois même avec acharnement, au communautarisme, et se revendiquent bien au contraire d’un universalisme, ce en quoi ils ont d’ailleurs raison, puisque la défense de l’Occident n’est pas un mot d’ordre communautaire, c’est un mot d’ordre universaliste, à condition bien sûr d’entendre universaliste au sens impérialiste du terme, car l’impérialisme est aussi une forme d’universalisme. Je me suis donc intéressé principalement à des intellectuels juifs qui, d’une manière ou d’une autre, se sont affirmés comme tels, et je soutiens qu’ils sont des « clercs », voulant dire par là qu’ils trahissent le particularisme juif ou sioniste pour un universalisme impérialiste.

« La réaction philosémite ». Entretien avec Ivan Segré

(http://indigenes-republique.fr/la-reaction-philosemite-entretien-avec-ivan-segre/)

Je ne sais point la langue russe ; mais par la traduction que vous daignez m’envoyer, je vois qu’elle a des inversions et des tours qui manquent à la nôtre. Je ne suis pas comme une dame de la cour de Versailles, qui disait : C’est bien dommage que l’aventure de la tour de Babel ait produit la confusion des langues, sans cela tout le monde aurait toujours parlé français.

Voltaire – Lettre à l’Impératrice Caterine – 26 mai 1768

Les idiomes les plus beaux et les plus riches sont sortis avec toutes leurs ressources d’une élaboration silencieuse et qui s’ignorait elle-même. Au contraire, les langues maniées, tourmentées, faites de main d’homme, portent l’empreinte de cette origine dans leur manque de flexibilité, leur construction pénible, leur défaut d’harmonie. Toutes les fois que les grammairiens ont essayé de dessein prémédité de réformer une langue, ils n’ont réussi qu’à la rendre lourde, sans expression, et souvent moins logique que le plus humble patois.

Ernest Renan – De l’origine du langage (1848)

     « Au commencement était Babel, chacun connaît l’histoire : les hommes parlent une seule et même langue, dite « adamique », celle du premier d’entre eux. […] Il y eut une sanction pour le geste d’Ève, personne n’a oublié… De même pour celui des constructeurs de Babel : la confusion des langues. […]

     Dès lors, il y eut des langues, certes, mais surtout l’incompréhension parmi les hommes. De sorte que la multiplicité des idiomes constitue moins une richesse qu’une pauvreté ontologique et politique. On se mit alors à parler local… […]

La langue régionale exclut l’étranger, qui est pourtant sa parentèle républicaine. Elle fonctionne en cheval de Troie de la xénophobie, autrement dit, puisqu’il faut préciser les choses, de la haine de l’étranger, de celui qui n’est pas « né natif » comme on dit. […] A l’autre bout de la langue de fermeture, locale, étroite, xénophobe, il existe une langue d’ouverture, globale, vaste, cosmopolite, universelle : l’espéranto. […]

A l’heure où le mythe d’une langue adamique semble prendre la forme d’un anglais d’aéroport parlé par des millions d’individus, on comprend que la langue de Shakespeare mutilée, amputée, défigurée, massacrée, dévitalisée, puisse triompher de la sorte puisqu’on lui demande d’être la langue du commerce à tous les sens du terme. Vérité de La Palice, elle est langue dominante parce que langue de la civilisation dominante. Parler l’anglais, même mal, c’est parler la langue de l’Empire. Le biotope de l’anglais a pour nom le dollar.

Mais cette langue agit aussi comme un régionalisme planétaire : elle est également fermeture et convention pour un même monde étroit, celui des affaires, du business, des flux marchands d’hommes, de choses et de biens. »

Michel Onfray – Les deux bouts de la langue (Le Monde – 11/12 juillet 2010)

http://www.lemonde.fr/idees/article/2010/07/10/les-deux-bouts-de-la-langue-par-michel-onfray_1386278_3232.html

« Bien sûr, nous sommes résolument cosmopolites. Bien sûr, tout ce qui est terroir, béret, bourrées, binious […] nous est étranger, voire odieux. »

B.-H. L., P. B., G.-M. B. – Globe n°1 – Edito (1985)

« Les races supérieures »

« Le parti républicain a montré qu’il comprenait bien qu’on ne pouvait pas proposer à la France un idéal politique conforme à celui des nations comme la libre Belgique et comme la Suisse républicaine ; qu’il faut autre chose à la France : qu’elle ne peut pas être seulement un pays libre ; qu’elle doit aussi être un grand pays, exerçant sur les destinées de l’Europe toute l’influence qui lui appartient, qu’elle doit répandre cette influence sur le monde, et porter partout où elle le peut sa langue, ses mœurs, son drapeau, ses armes, son génie. »

« Il y a un second point que je dois aborder (…) c’est le côté humanitaire et civilisateur de la question (…). Les races supérieures ont un droit vis-à-vis des races inférieures. Je dis qu’il y a pour elles un droit parce qu’il y a un devoir pour elles. Elles ont le devoir de civiliser les races inférieures […]. »

Jules Ferry – Débat sur la politique coloniale (séances du 28 et 30 juillet 1885)

« A.R. On pourrait légitimement être surpris par votre récente prise de position contre la signature, par la France, de la Charte européenne langues régionales. Je rappelle que dans L’ingratitude, vous évoquiez un débat remontant aux années 30 entre le linguiste français Antoine Meillet et un écrivain hongrois, Dezsö Kosztolanyi. Le premier estimait qu’il fallait en finir, au nom du progrès de la raison et de la science, avec les « petites langues ». Vous le décrivez comme un « chantre de l’homogénéité », un « précurseur de l’Euroland ». En revanche, vous saluiez Kosztolanyi, défenseur des langues minoritaires. Transpirait de sa position, disiez-vous, la conception d’un Vieux Continent dont la carte linguistique, « avec ses taches rouges, vertes, jaunes et bleues » évoque « l’accoutrement d’un clown ». L’Europe, dans cette perspective, une Europe plurielle, était, à vos yeux comme une « réalité têtue qui ne se laisse pas dissoudre en fonctionnalité pure ». D’où la surprise : dans le débat sur les langues régionales en France, vous semblez prendre le parti des gros poissons contre les petits.

A.F. Pas du tout. D’abord parce que je crois que la langue française est aujourd’hui fragile. Elle est loin d’être en position dominante. Ce n’est pas un « gros poisson », comme vous dites. En deuxième lieu, je ne prends pas parti contre les langues régionales, je prends parti contre l’adoption, par la France, de la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires, et contre ceux qui militent pour une telle adoption.

…la Charte européenne des langues régionales stipulait dans son préambule que la pratique d’une langue régionale ou minoritaire dans le vie privée et publique constitue un « droit imprescriptible ». Or, cette affirmation est en contradiction flagrante avec l’un des grands principes de notre nation et qui remonte au moins à François 1er: il n’y a qu’une langue publique, le français. »

Alain Finkielkraut – Argument (2000) (Propos recueillis par Antoine Robitaille)

L’uniformité dans la diversité: Conversation autour du débat sur les « langues régionales » en France

http://www.revueargument.ca/article/2000-03-01/125-luniformite-dans-la-diversite-conversation-autour-du-debat-sur-les-langues-regionales-en-france.html

« On voit que ceux qui courent aujourd’hui de média en média pour se plaindre de ne plus pouvoir s’exprimer, ou d’être victimes d’une « police de la pensée » ou d’une « chasse à l’homme », sont des gens qui passent leur temps à insulter, à diffamer, à traquer, à censurer toute personne avec laquelle ils sont en désaccord et qu’ils cherchent à faire taire. C’est bien le même Finkielkraut qui écrivait dans un de ses opuscules que les théories pédagogiques de Philippe Mérieu conduisaient à Auschwitz ; c’est dans son émission que Milner a déclaré que « Les Héritiers » de Bourdieu et Passeron était un livre antisémite ; c’est dans cette même émission que Théry qualifiait de « cinglés de la volonté pure » ceux qui revendiquaient le droit au mariage pour tous, etc.

On pourrait citer d’autres exemples du même type : les injures itératives du pamphlétaire réactionnaire Marcel Gauchet contre Bourdieu, ses imprécations contre Foucault et Derrida accusés de « connivences avec l’univers mental du totalitarisme » ou ses attaques contre Lacan et les « lacaneries et les lacanailleries » (ce sont des citations !). »

Didier Eribon – Insulteurs, diffamateurs, censeurs (Quand je faisais condamner Finkielkraut pour diffamation. Quelques réflexions sur le débat public).

http://didiereribon.blogspot.fr/2015/10/insulteurs-diffamateurs-censeurs-quand.html

« Je trouve bouleversant qu’on ait appris à réciter « nos ancêtres les Gaulois », même quand on était né en Guyane. »

Elisabeth Badinter – Le Nouvel Observateur (19-06-2003)

« Etes vous démocrate ou républicain ? »

     « L’idée universelle régit la république. L’idée locale régit la démocratie. Ici, chaque député l’est de la nation entière. Là, un représentant l’est de sa seule circonscription, ou « constituency ». La première proclame à la face du monde les droits de l’homme universel, que personne n’a jamais vu. La seconde défend les droits des Américains, ou des Anglais ou des Allemands, droits déjà acquis par des collectivités bien limitées mais réelles. Car l’universel est abstrait et le local concret, ce qui confère à chaque modèle sa grandeur et ses servitudes. La raison étant sa référence suprême, l’État en république est unitaire et par nature centralisé. Il unifie par-dessus clochers, coutumes et corporations les poids et mesures, les patois, les administrations locales, les programmes et le calendrier scolaires. La démocratie qui s’épanouit dans le pluriculturel est fédérale par vocation et décentralisée par scepticisme. « A chacun sa vérité », soupire le démocrate, pour qui il n’y a que des opinions (et elles se valent toutes, au fond). « La vérité est une et l’erreur multiple », serait tenté de lui répondre le républicain, au risque de mettre les fautifs en péril. Le self-government et les statuts spéciaux ravissent le démocrate. Ce dernier ne voit rien de mal à ce que chaque communauté urbaine, religieuse ou régionale ait ses leaders « naturels », ses écoles avec programmes adaptés, voire ses tribunaux et ses milices. Patchwork illégitime pour un républicain. »

Régis Debray – « Etes vous démocrate ou républicain ? » publié dans le Nouvel observateur du 30 novembre 1989

http://sophi.over-blog.net/article-36984148.html

http://tempsreel.nouvelobs.com/politique/20150428.OBS8077/etes-vous-democrate-ou-republicain-par-regis-debray.html

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